Coudre ensemble un soutien-gorge : montage des bonnets


Pour commencer la couture d’un soutien-gorge, une pièce capitale : le bonnet !

Avant toute chose, il faut d’abord préparer sa machine à coudre :

  • Aiguille neuve ou en très bon état, fine (je démarre avec une 70 standard).
  • Couture au point droit, longueur 2,5 mm.
  • Ma machine ayant l’option, je travaille toujours aiguille basse pour pouvoir lever le pied presseur et repositionner le tissu si besoin.
  • A cette étape, toutes les coutures seront croisées par d’autres, il n’est donc pas impératif de faire un nœud ou un point arrière à leurs extrémités (ce n’est pas interdit non plus).
  • Je diminue la pression du pied de biche pour travailler sur tissu fin (je l’augmenterai en arrivant aux élastiques).
  • La majorité des coutures se feront au point droit, avec une marge de couture de 0,6 cm.

 

Pour cela, je règle la position d’aiguille pour qu’elle soit à 6 mm du bord du pied presseur, qui me servira de repère pour la couture :

1601-réglage aiguille

Il est également possible d’utiliser un pied étroit pour les coutures à 0,6 ou de se faire un repère avec du masking tape sur la plaque.

 

Commençons pas à pas les étapes 1 à 5 des instructions du Boylston :

  1. Coudre les bonnets bas : endroit contre endroit, piquer (ou surjeter) les pièces du bas bonnet ensembles. Repasser et surpiquer les surplus de couture.

Je vérifie, plutôt deux fois qu’une, comment les pièces viennent en symétrie :

1603-B2

Je positionne les bas bonnets endroit contre endroit, en faisant se correspondre les repères (on voit la croix à la craie qui signale l’envers du tissu) :

1603-B3

Je met une épingle sur le repère, et je guide les tissus ensembles au fur et à mesure de la couture :

1603-B4

Après couture, je surpique avec un pied spécial qui me guide le long de la couture :

1603-B6

Les instructions du modèle prévoient de surpiquer à environ 5mm, au bord des surplus. Je préfère surpiquer à 2 / 2,5 mm, et recouper les surplus :

1603-B7

Je trouve le résultat plus esthétique que des lignes de surpiqure plus écartées, question de goût, et de style du modèle visé :

1603-B8

J’ai surpiqué les surplus ouverts (chacun d’un côté). On peut aussi les piquer d’un seul côté, notamment pour plus de discrétion si le bonnet est transparent.

Le modèle étant doublé, les surplus sont laissés tels quels.  Sur d’autres modèles, ils peuvent être recouverts d’un ruban ou enfermés dans un biais très léger, en voile.

 

2. Coudre les hauts bonnets : endroit contre endroit, piquer ou surjeter le bas bonne et le haut bonnet. Presser et surpiquer les surplus de couture.

Bien vérifier quel haut bonnet se positionne comment par rapport au bas (endroit / envers), ne pas mettre le côté intérieur des bas bonnets vers l’extérieur… Le mieux est de positionner toutes les pièces pour s’assurer de la symétrie :

1603-B9

Je mets une seule épingle sur le repère du bonnet haut, qui correspond à la ligne de jonction des bonnets bas  :

1603-B10

Je guide la courbe au fur et à mesure avec les doigts. Epingler tout du long donne top de rigidité à mon goût, et la couture en courbe finit par être plus compliquée. Ca demande un peu d’habitude pour coudre sans épingle, mais ça vaut le coup.

Surtout ne pas tirer sur le tissu pendant la couture (s’il est extensible ou coupé dans le biais, cela déformerait la couture).

Je couds avec le bonnet haut au-dessus, car à cause de la courbure il paraît plus long que le bas bonnet. En le mettant dessus, le bas bonnet est plus entrainé par les griffes et l’embu se résorbe facilement lors de la couture.

En outre, cela permet de positionner le haut bonnet « en volume » pour qu’il épouse la courbe. Difficile à photographier car j’ai besoin de toutes mes mains, mais voici le principe après couture … :

1603-B11

Pour le surpiquage, on reprend comme les bas bonnets. Si vous en êtes à votre premier modèle, inutile de vous inquiéter pour des surpiqures pas parfaites. C’est difficile, surtout sur du satin bien glissant. On pourrait même sauter cette étape pour le modèle d’essai, la « toile », mais je pense que ça vaut le coup pour se faire la main en vue des futurs modèles.

Vilaine surpiqure ratée !1603-B12

 

 

3. Répéter les étapes 1 et 2 pour le second bonnet et pour les doublures des deux bonnets

J’ai préféré faire 4 fois l’étape 1 puis 4 fois l’étape 2, en limitant les changements de réglages entre « piquer » et « surpiquer ». A la fin, j’obtiens :

1603-B13

Je trouve aussi cela plus facile pour être sûre de ne pas monter un morceau de bonnet droit avec un morceau de bonnet gauche 😉

 

4. Coudre la doublure au bonnet extérieur avec la bretelle repliée et placée entre les deux épaisseurs, avec une marge de 3/8 inch (1 cm). Presser et sous-piquer les surplus de couture sur la doublure.

Du montage en sandwich. Si ma bretelle n’était pas en méchant-polyester-qui-ne-se-repasse-pas, j’aurais commencé par repasser la bretelle pliée en deux envers contre envers.

Voici le montage en sandwich :

1603-B14

J’ai une confiance limitée  dans ma capacité à maîtriser le polyester-qui-glisse. J’ai donc d’abord bâti la bretelle à la doublure. La bretelle est pliée en deux dans le sens de la longueur, envers contre envers. Elle est cousue à la doublure (dans la marge de couture), sur l’endroit de la doublure. Le côté plié de la bretelle est du côté intérieur du bonnet, vers le milieu du soutien-gorge :

1603-B15

Et je vais coudre le bonnet en polyester-pas-cher-qui-brille sur la doublure, endroit contre endroit, la bretelle prise entre les deux.

Attention : marge de couture augmentée à 1cm environ (0,95 cm exactement).
Attention (bis) : à ce stade, il faut être très vigilant sur la symétrie pour ne pas monter la doublure du bonnet droit sur le bonnet gauche !

1603-B16

Je sous-pique les surplus à la doublure :

1603-B19

Sur l’endroit, la doublure doit être invisible. Pour cela, le pli n’est pas fait pile sur la couture, mais un peu en retrait sur le tissu extérieur. Résultat :

1603-B17

5. Piquer la doublure au bonnet extérieur juste sur les marges de couture de façon à pouvoir manipuler facilement l’ensemble au cours de la construction. Presser.

Je couds la doublure et le bonnet envers contre envers ; je fais le tour des bords non cousus du bonnet au point droit, dans la marge. Ce qui me donne la ligne verte ci-dessous :

1603-B20

Travaillant du satin de polyester qui ne supporte pas la chaleur, j’ai fait le choix de sauter toutes les étapes de pressage au fer… Surpiquer permet de bien tenir les marges en place sans ça.

Mais si votre tissu le permet, mieux vaut presser. Ce sera plus facile en utilisant un support arrondi plutôt que travailler directement sur une table à repasser plate.

 

Voilà la première partie de couture. Vous avez suivi ? Les photos sont claires ? N’hésitez pas à me dire ce qui est à améliorer 🙂

Demain dimanche, petite pose et j’enchaîne lundi et mardi avec la couture de la bande et l’assemblage des bonnets à la bande.

 

Leave a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. C’est très clair pour moi en tout cas. Bravo pour toutes tes explications et photos car d’expérience c’est tres long à réaliser. Je vais vous rejoindre en cours de route car je vais être loin de la MAC ces prochains jours mais je lis avec beaucoup d’intérêt ton blog car même si j’ai déjà cousu de la lingerie c’est très instructif de lire comment tu t’y prends.
    Bon dimanche et à lundi pour la suite.

    • Merci pour ce commentaire 🙂
      Je suis attentivement ton blog, et j’attends tranquillement (avec juste une pointe d’impatience) de voir comment tu travailles la lingerie. En attendant, j’admire super-maman, parce que le coup des boutons, j’ai été soufflée par l’improvisation et le boulot pour réussir ! 😉

  2. Les photos sont très claires oui !
    Bon le montage du shelley est un peu différent, au niveau des bretelles entre autres, mais pas franchement compliqué, donc jusque là tout va bien ! 🙂
    Le truc qui m’interroge quand même c’est qu’elle ne parle pas de doublure des bonnets pour le shelley, et à aucun moment elle ne dit de finir les bords, ce qui fait que l’intérieur des bonnets n’est vraiment pas très beau… Mais bon pour le premier je vais laisser comme ça, on verra par la suite.

    • Oui, les bretelles sur le Shelley… J’ai grogné quand j’ai vu mon résultat ! Je suppose qu’il y a un truc bien pensé, mais mal expliqué sur la position exacte de la ligne de couture par rapport à la découpe de la barre de renfort.

      Pour l’intérieur des bonnets, tu peux sans problème laisser comme ça.
      Mme Johnson, qui a créé le Shelley, semble privilégier le « simple » : on surpique les surplus ouverts, on les recoupe près de la surpiqure et basta. Les instructions du Shelley et du Pin Up Classic suivent ce principe. C’est aussi comme ça qu’elle présente la technique dans son cours sur craftsy.
      J’ai suivi ses conseils sur mes premiers : c’est déconcertant par rapport aux vêtements, surtout quand on a pris le pli de soigner ses finitions, mais c’est étonnamment résistant aux lavages et frottements. Il y a un peu d’effilochage, mais qui s’arrête à la ligne de surpiqure (il faut juste que celle-ci ne soit pas au ras du bord, sinon elle lâche).
      Et soit je ne suis pas sensible, soit ça ne pose pas de question de confort.

      Mais c’est vrai que ce n’est pas très joli. Les soutien-gorges doublés sont nettement plus doux à l’intérieur, mais la doublure est souvent transparente… du coup c’est plus lisse mais pas forcément plus joli de l’intérieur.
      Reste la solution du ruban ou du biais. J’ai vu une technique sur le blog de clothabit il me semble, je chercherai et peut-être que je ferai un article dessus si j’accroche à la technique.
      Donc tu vois, tu as largement le temps de chercher des solutions plus compliquées, mais pour l’instant tu peux t’arrêter à la simplicité 😉