Coudre ensemble un soutien-gorge : les fournitures


La quête du matériel et des fournitures pour le soutien-gorge est… compliquée. Selon le modèle et vos préférences, les modulations sont quasiment infinies. Avec mes bonnets E, je me suis surtout intéressée aux moyens d’améliorer le soutien 😉

Je vous invite à passer chez Marie Poisson, qui avait fait l’année dernière une série d’articles sur la lingerie qui m’ont bien aidée. Elle aborde le matériel d’une façon différente de la mienne, vous y trouverez des informations complémentaires.

Essayons de résumer : qu’est-ce qui va où ?

 

1603-Matériel

 

  1. L’attache (anglais : fastener, hook and eye)

L’attache est ce qui permet de fermer le soutien-gorge. Le plus commun est le système avec crochet et œil, à 2 niveaux.

Attention, il existe deux tailles courantes : largeur de 30 mm ou de 38 mm. Cela peut faire une vraie différence dans le ressenti lors du port, et dans le look du dos :

1603-Att 3x2 étroite

Largeur 30 mm

1603-Att 3x2

Largeur 37 mm

 

On parle de 3 x 2 quand il y a trois rangs d’œil et crochets, et 2 x 2 sur deux rangs :

1603-Att 3x2 1603-Att 2x2

On trouve plus difficilement des 3 attaches à trois crochets, mais cela permet plus de largeur de bande dorsale et de maintien. Personnellement, je préfère :

1603-Att 3x3

 

On peut parfois acheter les attaches au mètre, à découper avec le nombre de crochet de son choix, surtout sur les boutiques spécialisées dans le matériel pour corsets. Cela permet de baisser sensiblement le prix ! Attention : une fois découpé, le bord est beaucoup moins net et doux que sur les attaches toutes faites :

1602-Crochets coupés

 

Les choix de couleurs sont compliqués sur les attaches. Peu de boutiques proposent des couleurs, et il est difficile d’anticiper comment la nuance va s’assortir avec celle des autres matériels.

Autres options : il existe des modèles dits « rapides », qui ressemblent aux attaches de maillots de bain. Selon le modèle du soutien-gorge, des adaptations peuvent être faites pour placer l’attache plutôt devant que dans le dos. Cela peut être intéressant avec certaines maladies des épaules.

 

 

  1. Les bretelles (anglais : strap)

La bretelle est élastique, au moins en partie. En effet, certains patrons prévoient une bretelle en partie en tissu sur l’avant. Cela offre des qualités esthétiques, mais aussi du confort par l’élargissement possible de la partie de la bretelle qui repose sur l’épaule.

Dans tous les cas, au moins une partie de la bretelle doit être élastique, mais avec beaucoup de fermeté. Un élastique trop souple conduirait à faire faire du trampoline aux seins !

 

Pour la largeur de cet élastique ferme : selon les goûts, de 10mm à plus de 20mm. En général, on monte en largeur avec la taille des bonnets. Vous pouvez facilement mesurer la largeur de bretelle de vos soutien-gorge préférés pour vous faire une idée de la largeur à rechercher dans votre cas.

 

La plupart des modèles prévoient des bretelles réglables en longueur, par un système d’anneaux ou glisseurs qui modulent une partie plus ou moins longue en double.

Il est possible dans certaines boutiques d’acheter la bretelle réglable toute montée, ou les différentes parties séparément. Dans ce cas, attention à bien prévoir des anneaux ou glisseurs de la même largeur intérieure que l’élastique retenu (ou proche à 1 ou 2 mm).

1603-Krose8        1603-10AG3

 

Pour assortir les couleurs, il est possible de « tricher » en recourant à des anneaux et glisseurs transparents.

Certaines bretelles sont également transparentes. A mes yeux, cela relève uniquement des cas avec un besoin avéré de discrétion car elles sont alors en plastique-qui-colle-et-qui-gratte tout à fait inconfortable.

 

 

  1. Les élastiques

La bande en bas du soutien-gorge est un élastique, qui a une grande importance : la bande va assurer 80 % du soutien, bien plus que les bretelles.

Par conséquent, il convient de recherche un élastique plutôt ferme, mais sans excès pour ne pas scier la poitrine durant toute la journée.

 

Pour la largeur de la bande, c’est au choix et préférences de chacun. A partir de 12 mm environ, et jusqu’à 20 mm pour les grands bonnets (disons 18 mm pour un bonnet E).

Attention : trop large, l’élastique de la bande peut se mettre à roulotter de façon inconfortable.

 

Il faudra également d’autres élastiques, plutôt de 8 à 10 mm, pour le haut du bonnet. Ils seront placés selon les modèles sous les bras, sur l’encolure, et sur le bord des bretelles si elles sont en tissus.

On pourra choisir des élastiques décorés, avec des picots ou des volants, surtout à l’encolure pour se faire plaisir. Le choix est large et permet de multiples fantaisies 🙂

 

Dans l’idéal, on choisira des élastiques avec un côté « velours » (en anglais : plush), plus doux contre la peau.

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  1. La gaine à armatures et les baleines (anglais : casing wire)

La gaine est un tunnel creux, dans lequel on pourra glisser les armatures ou baleines. Même si on ne met pas de baleines, la gaine sera utile pour stabiliser la couture du tour du bonnet sur la plupart des modèles de soutien-gorge.

1601-Tube du tunnel à baleines

La gaine peut aussi servir à recevoir une baleine droite sur le côté du soutien-gorge, pour soutenir la largeur de la bande.

 

Les gaines mesurent généralement 10 ou 11 mm de large, elles sont serties ou cousues, et veloutées au toucher. Et elles sont rarement autres que noires ou blanches. On peut toutefois teindre ces dernières pour les assortir à la couleur des bonnets.

 

Les baleines doivent être achetées en fonction de la taille du soutien-gorge. J’ai fait récemment tout un article sur les baleines, avec une table de correspondance des tailles.

Il existe différentes formes de baleines, plus ou moins creuses, et avec des extrémités qui remontent plus ou moins. Le choix sera guidé par la forme des seins et le style du soutien-gorge.

1603-Baleines photo

Pour savoir si une baleine est adaptée, il suffit de la placer sous le sein nu, de préférence en levant les bras : elle devrait parfaitement suivre la courbe du sein. Elle peut être un peu plus serrée sous le bras, car une fois placée dans le soutien-gorge elle va être légèrement tendue à s’écarter.

 

 

 

  1. Les rubans et renforts

Les rubans et renforts ne sont pas obligatoires. J’ai identifié au moins quatre usages possibles :

  • Soutenir une dentelle élastique sur les bonnets. Il est nécessaire de limiter l’extensibilité sur cette zone, il est possible de coudre un ruban sur l’envers pour éviter que la dentelle ne se déforme. Un ruban de satin sera discret et esthétique sous la dentelle. Cf en haut à gauche sur la photo ci-dessous.
  • Renforcer la partie haute du bonnet, au niveau de l’aisselle, surtout pour les bonnets de grande taille afin d’améliorer le soutien. Un ruban de coton étroit correspond bien pour cet usage (souvent de tissage sergé, désigné « tape » dans les mercerie). Cf en haut à droite sur la photo ci-dessous.

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  • Venir cacher les surplus de couture sur les bonnets : un ruban de satin ou un ruban velours étroit assure des finitions impeccables sur l’envers des bonnets.
  • Un petit ruban noué sur le pont peut venir apporter la touche finale de décoration du soutien-gorge.

1603-20n1

 

  1. Le powernet

A la base, le powernet est un tissu. Mais ses caractéristiques techniques particulières font qu’il est rare de le trouver dans les magasins tissus habituels, alors qu’on le trouve dans certaines merceries spécialisées en lingerie.

Le powernet est le tissu le plus recommandé pour la bande dos. Il est extensible, mais ferme à très ferme. Synthétique, il se présente sous forme d’un tissu alvéolé, dont le contact avec la peau reste doux.

Son principal avantage réside dans sa capacité à parfaitement retrouver sa forme après étirement, très rapidement et de façon durable. En outre, le côté alvéolé fait qu’il est totalement respirant.

 

Il s’étire dans les deux sens, mais il faut toujours traiter son sens d’extensibilité dans la direction où les alvéoles s’étirent en longueur, et non celle où elles se déforment :

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La powernet existe en plusieurs épaisseurs (il est généralement classé léger – moyen – lourd), chacune correspondant à un degré de fermeté différent. Plus la taille de bonnet est élevée, plus on ira vers du lourd. Il est possible d’utiliser du powernet léger en double épaisseur pour gagner en fermeté.

1601-Powernets

 

Le powernet est parfois difficile à trouver. On peut le remplacer par des tissus de type « lycra » (le genre de tissu pour body de danse). Toutefois, ceux-ci sont moins respirant, et même s’ils retrouvent bien leur forme après étirement, ils n’atteignent pas le niveau du powernet. En outre, rares sont les lycras qui offriront le soutien d’un powernet, ce n’est donc pas l’idéal pour les bonnets larges.

En revanche, les lycras ont l’avantage d’offrir des choix de couleurs et impressions variés, et sont plus répandus en vente au détail. A noter que certains patrons comme le Sierra ou le Watson demandent à être intégralement réalisés dans un tissu à forte proportion de lycra. Il en va de même pour les maillots de bain 🙂

 

Je poursuis dans un autre article avec quelques repères sur les lieux où acheter tout ce matériel, ainsi que la présentation de la boutique éphémère du sew-along.

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